ASA JAZZ BABA FESTIVAL 2026 : Le département du Plateau en effervescence
Pour la première fois, le département du Plateau du Bénin va vibrer à l’occasion de la première édition du ASA JAZZ BABA FESTIVAL, du 21 au 25 janvier 2026 à Pobè (Bénin).
Ce festival veut révéler, célébrer et faire rayonner les cultures du Plateau du Bénin dans toute leur diversité, tout en les connectant aux grandes dynamiques artistiques contemporaines du continent et du monde.
Pour valoriser ce patrimoine culturel du Plateau comme véritable vivier de cohésion sociale, de dynamisation économique et de rayonnement régional et international, le directeur du festival, l’artiste JAH BABA, nous dévoile les grandes orientations de cette première édition à Pobè.
1. Jah Baba, bonjour. Pourquoi un festival de jazz à Pobè et pas à Cotonou ? À quoi répond concrètement ce festival ?
J.B :
Le Bénin est un pays très riche en culture. Quand on parle du Bénin, ce sont plusieurs départements, plusieurs communes, et chaque département dispose de ressources culturelles véritablement denses et très riches.
Quand vous connaissez l’histoire du jazz et que vous parcourez un tout petit peu le jazz ainsi que la musique traditionnelle béninoise, surtout, vous allez comprendre qu’il y a une similitude. Vous constatez aisément que le noyau du jazz, en réalité, c’est la musique traditionnelle africaine. La musique traditionnelle béninoise s’en rapproche encore beaucoup plus.
En parlant de musique traditionnelle, c’est dans les zones rurales, les zones reculées, qu’on peut toucher du doigt la richesse de cette tradition qui reste et demeure un patrimoine véritablement immense qu’il faut explorer.
Un festival de jazz hors de Cotonou s’inscrit déjà dans une démarche de démocratisation de la promotion artistique, culturelle et touristique dans les territoires. Il faut démystifier le fait que c’est uniquement dans les grandes villes que cela se fait. Il faut aller vers ces populations-là, aller chercher ce qu’elles ont de plus original et leur retourner cela de façon professionnelle afin que le développement tant recherché soit un développement effectif et réactif pour tout le monde.
2. Quelles seront les grandes articulations de cette première édition du ASA JAZZ BABA, et peut-on déjà avoir une idée de la programmation ?
J.B :
Quand on parle de culture, il y a des piliers, des éléments forts qui marquent la culture d’un peuple et d’une civilisation. Je citerai la musique, la danse, le cinéma, la cuisine et la mode. C’est essentiellement ce qui va meubler le ASA JAZZ BABA Festival.
Déjà, « ASA » veut dire culture, « BABA » signifie père, maître ou patron, et « JAZZ » pour dire retour à la source. C’est de cela qu’il s’agit.
Il y aura de la musique sous toutes ses formes, mais de façon excellente. Nous aurons aussi de la danse, du cinéma, sans oublier l’art culinaire. En réalité, il faut retourner vers ce qui constitue le mystère de la convivialité, de la longévité et de la santé parfaite de nos grands-parents, qui se trouve essentiellement dans ce qu’ils mangent et dans leur façon de se nourrir.
Il faut donc révéler ou revaloriser cela pour que la jeune génération prenne le pas, afin qu’elle sache qu’elle a une identité qu’il faut valoriser et promouvoir.
Tous ces axes seront accompagnés de formations professionnelles et de panels de discussions scientifiques pour toucher du doigt les problèmes, les causes et proposer des solutions, afin que cela constitue une base sur laquelle les uns et les autres peuvent construire de grands immeubles pour le développement socioculturel du pays.
3. La programmation artistique est très attendue. Quels sont les artistes conviés à cette édition 2026 ?
J.B :
Pour le ASA JAZZ BABA Festival de cette année, nous aurons huit pays représentés : le Brésil, Cuba, le Togo, le Nigeria, la France, la Belgique, Haïti et les États-Unis.
Des États-Unis, nous aurons l’artiste Ricky Bausman, joueur de steel drum. L’histoire du steel drum est partie des plantations d’ici et s’est retrouvée dans les plantations de la Louisiane pendant l’esclavage.
Il y aura Sarah du Brésil. Vous connaissez le Brésil par rapport à l’Afrique, à son histoire et à la tradition yoruba transportée avec les esclaves venus du Bénin, du Nigeria et du Togo.
Haïti sera également présent, avec sa diversité de peuples, de cultures, de rythmes et de cultes. Nous aurons aussi la diaspora africaine de Belgique, de France et du Togo.
Du Togo, le grand King Mensah viendra avec sa voix extraordinaire. Du Nigeria, nous aurons Tunde Obajeun ainsi que le doyen King Sunny Ade.
Pour le Bénin, nous aurons l’imperturbable Zeynab, Yèwè Yèton, Michel Pinero, Lekan Fakèyè et la sublime Faty.
Côté danse, SICO et la grande danseuse Rachel Agbossou seront présents.
Dans le domaine de la mode, nous aurons les stylistes Abbas et Jerry Sinclair.
Pour la partie scientifique, les panelistes seront Cotilde Daniel, Méchac Adjaho, Raphaël Sheyi et Doudou Sarr du Sénégal.
Tout ce beau monde se donne rendez-vous du 21 au 25 janvier 2026 à Pobè, dans le département du Plateau.
4. Quel est votre message à l’endroit des mélomanes, des acteurs culturels, des autorités et des populations ?
J.B :
Je vous donne rendez-vous du 21 au 25 janvier 2026 à Pobè, dans le département du Plateau, pour célébrer le patrimoine culturel du Bénin.
De Sakété, de Kétou, de Pobè, de la diaspora et de partout ailleurs, j’invite tout le monde à sortir pour porter et surtout vivre un moment unique et exceptionnel.
Découvrez le Bénin autrement. Découvrez le Bénin à partir du Plateau, à partir de la culture du Plateau. Venez, Mesdames et Messieurs, car notre culture est notre identité.
