
Ernesto Djédjé était aussi un fin danseur qui maniait très bien le Twist. Lors de ses prestations, il éblouissait par ses déhanchés ou encore par ses coups de tête-blocages (composante du ziglibithy). Il savait communiquer la passion de son art à son public par la danse.
L’homme était un virtuose en la matière. Il adoptait toutes les danses qui naissaient aux États-Unis et en Europe. En somme, Ernesto Djédjé dégageait une énergie extraordinaire qui faisait partie du ziglibithy dance.
Djédjé avait un style vestimentaire travaillé.
Toutes ses tenues valorisaient son jeu de scène, de même que sa coiffure afro avec rouflaquettes. On peut ajouter à cela ses chemises tendances de qualité dont le gros bord supérieur était laissé volontairement entrouvert laissant à la vue de tous sa poitrine semi-velue, ce qui lui donnait un look viril. Ce « look » contribuait à son élégance.
Djédjé portait aussi des pantalons « patte d'éléphant », avec des souliers en cuir brillants. Djédjé possédait un physique impressionnant : presque de 2 mètres de haut (198 centimètres) pour près de 95 kilogrammes.
Djédjé était un travailleur passionné de recherche musicale qui s’acharnait dans le travail pour parvenir à la perfection.
L’énigmatique disparition
Ernesto Djédjé décède brusquement le 9 juin 1983 à l'hôpital militaire de Yamoussoukro à l'âge de 35 ans.
Sa mort constitua un choc pour la nation ivoirienne. Officiellement, l'artiste est décédé consécutivement à un empoisonnement après son retour de voyage de Ouagadougou au Burkina Faso lors d'un repas à Yamoussoukro.
À ce jour, aucun résultat d'enquête n'est disponible. Plusieurs hypothèses et rumeurs ont circulé à propos de son décès, rumeurs complaisamment reprises par la presse ivoirienne.
On affirme qu'Ernesto est décédé suite à un ensorcellement sous la houlette d'Amédée Pierre avec lequel il était en conflit jusqu'à sa mort. Mais ce dernier s'en défend, dans un dossier sur Ernesto Djédjé, publié par le journal Topvisages : « C’est Ernesto qui aurait engagé, le premier, les hostilités en disant dans l’une de ses chansons que c’est lui qui apprend à chanter aux autres. Ce que n’a pas apprécié Amédée Pierre qui aurait répliqué plus tard que c’est lui le coq de la basse-cour qui réveille les gens à l’aube. La discorde avait enflé au point qu’à la mort de Djédjé, Amédée Pierre n’aurait pas daigné assister à son inhumation dans son village à Tahiraguhé dans le département de Daloa. “Faux ! Rétorque Amédée Pierre. J’ai été victime de diffamation” ».
Une autre rumeur assimile la mort de l'artiste à un assassinat politique à l'intérieur du camp du Parti démocratique de Côte d'Ivoire en raison de secrets présidentiels auxquels l'artiste aurait eu accès.
Le 30 juillet 1983 son corps fut exposé au Stade de Tahiraguhé. Ses funérailles dureront plusieurs jours avec la prestation de plusieurs artistes tels Johnny Lafleur, Alpha Blondy ou encore Allah Thérèse.
L'influence de Ernesto Djédjé demeure importante sur la musique africaine contemporaine.
En 1990 naît le Zouglou, musique et danse urbaine issue du milieu étudiant abidjanais et exprimant la souffrance estudiantine. Instrumentalement, le Zouglou fait la synthèse de sonorités traditionnelles dont le ziglibithy et de polyphonie du Centre de la Côte d'Ivoire.
Ce concept a évolué pour inspirer de nouveaux genres musicaux et danses comme le Coupé Décalé crée par Douk Saga entre Paris et Abidjan en 2003.
«La chanson les côcôs de Jean Martial Yodé (artiste zouglou) s'inscrit dans ce qui précède, notamment le ziglibithy (voir le morceau Aguissè d'Ernesto Djédjé). Les exemples sont légion dans le genre Zouglou» affirme Valen Guédé.
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